Article n° 4940 | Edition n° 97 |

Plus n’est pas toujours plus. Décidons ensemble.

Plus que la moitié de population en Suisse a l’impression qu’elle-même ou des personnes de leur entourage ont reçu un traitement inutile. Cela montre une enquête représentative de l’association smarter medicine – Choosing Wisely Switzerland effectuée cet été. Des études indiquent en plus que les traitements non indiqués médicalement sont à l’origine de 20 à 30% des dépenses de santé. Début octobre smarter medicine lance une campagne qui vise à mieux faire comprendre le thème de la surmédicalisation et des soins inappropriés et à le rendre plus accessible pour le grand public.

L’association smarter medicine – Choosing Wisely Switzerland a chargé l’institut de sondage GfK d’effectuer, cet été, une enquête représentative sur les connaissances et la sensibilité de la popu-lation à la question des soins inappropriés et de la surmédicalisation. Les résultats de cette enquête réalisée en ligne auprès d’un millier de personnes en Suisse alémanique et romande, du 28 juin au 3 juillet, sont les suivants:

• 40% des personnes interrogées estiment que les soins sont inappropriés ou excessifs en Suisse.

• Plus de 50% des personnes interrogées confirment qu’elles-mêmes ou des personnes de leur entourage ont eu l’impression de recevoir un traitement inutile.

• Près de la moitié des personnes interrogées indiquent en outre avoir l’impression de ne pas avoir tout compris lors de la consultation médicale.

• Parmi les mesures pour remédier aux soins inappropriés et à la surmédicalisation, les per-sonnes interrogées ont avant tout évoqué la possibilité d’un deuxième avis, le temps supplé-mentaire pour s’entretenir avec les médecins et une meilleure information sur les méthodes de traitement et de diagnostic. Environ un tiers a même exigé des sanctions contre les médecins trop zélés.

« La Suisse est en situation de surmédicalisation et les gens en sont pleinement conscients», ex-plique Antoine Casabianca, représentant des organisations de consommateurs au comité de l’association smarter medicine, afin de résumer les résultats de l’enquête. Selon lui, la population aimerait notamment bénéficier d’une information plus compréhensible et de meilleure qualité, afin d’être en mesure de suivre les décisions des spécialistes de la médecine et de pouvoir les sou-mettre à un jugement critique. «En présentant des informations crédibles et vérifiables, la cam-pagne de smarter medicine répond à un besoin important de la population», constate-t-il.

Bon ancrage dans les sociétés de discipline médicale et les hôpitaux

Pour Jean-Michel Gaspoz, président de smarter medicine et ancien médecin-chef aux Hôpitaux universitaires de Genève, la date de l’offensive d’information des patients est bien choisie. Il ex-plique que l’année passée, il a été possible de motiver de plus en plus de sociétés de discipline médicale à publier des listes de traitements inutiles. «Aujourd’hui, nous disposons de près de 50 recommandations concrètes de huit sociétés de discipline médicale qui sont techniquement et scientifiquement fondées. Il est clair que les médecins sont conscients de la problématique», ex-plique Jean-Michel Gaspoz. L’information et aussi le dialogue avec les patients peuvent à présent être renforcés sur cette base.

Jean-Michel Gaspoz laisse entendre que d’autres listes seraient encore publiées dans les pro-chains mois. Il attire par ailleurs l’attention sur une nouvelle initiative de différents hôpitaux dési-reux de mettre en oeuvre les recommandations dans le quotidien de la médecine sous le nom de «Smarter Hospital». «C’est une mesure active pour améliorer la qualité du traitement et remédier au gaspillage de ressources dans la médecine», souligne-t-il.

De gauche: Jean-Michel Gaspoz, Brida von Castelberg, Bernadette Häfliger Berger, Erika Ziltener, Antoine Casabianca, Source: ©smarter medicine

Informer et sensibiliser

Les recommandations des sociétés de discipline médicale jouent un rôle essentiel dans la cam-pagne de smarter medicine. «Nous voulons toutefois que les patients comprennent mieux les pro-positions qui leur sont faites par les spécialistes. Et nous voulons que les personnes soignées puissent discuter sur un pied d’égalité avec celles en charge du traitement afin de déterminer la méthode diagnostique et thérapeutique la mieux adaptée à leurs besoins», observe Brida von Castelberg, ancien médecin-chef, vice-présidente de la Fondation Organisation suisse des patients OSP et membre du comité de smarter medicine. C’est pourquoi l’association a demandé que les recommandations existantes, qui s’adressent à des spécialistes, soient traduites dans un langage pouvant être compris des personnes n’ayant pas de connaissances médicales. Toutes les recommandations peuvent être consultées en allemand et en français sur la plate-forme www.smartermedicine.ch. Brida von Castelberg ajoute: «Les gens doivent également se rendre compte que plus n’est pas forcément un plus, que le nouveau n’est pas forcément meilleur que l’ancien, et que plus cher n’est pas toujours synonyme de plus efficace. Chacun doit décider pour lui-même de la manière de préserver au mieux sa propre santé et sa qualité de vie.» La campagne sur les réseaux sociaux vise à sensibiliser le grand public à ce message.

Décider ensemble

Pour Erika Ziltener, présidente de la Fédération Suisse des Patients (FSP) et membre du comité de smarter medicine, l’entretien entre les soignants et les personnes soignées est déterminant. Le principe du «Shared Decision Making» serait un dialogue ouvert débouchant sur une décision par-ticipative. «Chaque question est permise et même souhaitée. Il est important que les patients acquièrent leur propre compétence en matière de risque.» Cependant: «Même si la décision pour ou contre un traitement ou un examen est prise dans le cadre d’un entretien commun, il n’est pas question de se désengager et de transférer la responsabilité sur les personnes concernées. Les personnes en charge du traitement assument toujours la responsabilité du choix du traitement utile dans la situation concrète, qui répond le mieux aux souhaits et aux besoins spécifiques du pa-tient», estime Erika Ziltener. Elle termine en affirmant que l’offre d’information de smarter medicine complète bien l’offre de conseil et d’information des organisations de patients et permet aux per-sonnes soignées de prendre des décisions responsables dans une démarche d’autodétermination.

Source: SSMIG, smarter medicine, communiqué de presse, 01.10.2018

 


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