Article n° 4745 | Edition n° 95 | 2017

Petites piqûres pour de grands espoirs

En l’honneur des travaux de Jenner sur la vaccine, Pasteur nomme «vaccination» son procédé d’immunisation.

Depuis Louis Pasteur, l’espérance de découvrir un vaccin pour chaque maladie subsiste. Avant lui, plusieurs civilisations avaient remarqué la protection définitive dont bénéficiaient les rescapés des épidémies de variole.

 

Durant des siècles, la variole faisait partie des maladies les plus craintes. Que ce soit en Chine, Perse ou Afrique, l’immunisation préventive se pratiquait dès le XIe siècle. On inoculait alors, par scarification (incision dans l’épiderme) ou application nasale, du pus ou des exsudats prélevés dans les plaies de malades. La méthode était périlleuse et susceptible de déclencher une nouvelle épidémie.

Le médecin anglais Edward Jenner observe que la variole n’infecte pas les vachers. Il en déduit que c’est le contact avec des vaches atteintes de vaccine – la variole de la vache – qui les protège. Pour la première fois le 14 mai 1796, il inocule du pus d’un animal malade à un garçon de 8 ans. Efficace et peu risquée, sa méthode est appliquée à large échelle. Cependant, il se satisfait de ses observations empiriques et ne comprend pas encore le principe de l’immunologie.

Près d’un siècle plus tard, Louis Pasteur (1822-1895) développe le principe, grâce à des connaissances uniques à l’époque. Il sait que les maladies sont dues à des microbes et réalise que des vieilles souches pathogènes sont capables d’immuniser sans provoquer la maladie. Ni médecin ni vétérinaire, il a cependant du mal à imposer ses résultats auprès de l’Académie nationale de médecine de Paris.

 

La vaccination entre dans l’ère moderne

Son vaccin contre la rage lui offrira la célébrité. Mis au point avec de la moelle desséchée de lapins contaminés, son premier cobaye humain se nomme Joseph Meister. Il s’agit d’un enfant de 9 ans grièvement mordu pas un chien enragé. En juillet 1885, le garçonnet reçoit 13 injections en 10 jours et ne développera pas la maladie

De plus en plus de fléaux peuvent être ainsi prévenus. Progressivement, des vaccins contre la tuberculose (1921), le tétanos (1926) ou la poliomyélite (1954) font leur apparition. Désormais, ces maladies ne représentent plus une menace pour les populations les plus favorisées.

En Suisse, dès 1963, l’OFSP (Office fédéral de la santé publique) publie des recommandations en matière de couverture vaccinale. Pour rester à jour, il existe le carnet de vaccination électronique (www. mesvaccins.ch), encore peu connu.


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Isabelle Hulmann Didier Bettens

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