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Allergies: focus sur la rhinite allergique

Si vous souffrez d’allergie, sachez que vous n’êtes pas seul. En effet, environ 20 % de la population helvétique serait allergique à quelque chose : poils de chat, acariens, pollens, nourriture ou produits chimiques.

Les études épidémiologiques montrent, de plus, que l’incidence de la plupart des maladies allergiques a augmenté considérablement au cours des 20 à 30 dernières années. Les causes sont probablement multiples mais il y a sans doute au premier plan la détérioration de notre environnement, surtout la pollution atmosphérique.

Description du phénomène

Une allergie est une réaction excessive du système immunitaire, notre principale ligne de défense contre de multiples micro-organismes pathogènes, tels les virus, les bactéries et les champignons. Lors de la réaction allergique, sous l’action de substances appelées antigènes (les intrus), ce système se détraque.

Ces antigènes, habituellement des protéines, stimulent le corps à produire des anticorps ou immunoglobulines (les défenseurs). Bien que ces antigènes soient normalement inoffensifs, le corps réagit comme s’ils étaient des menaces sérieuses pour l’organisme.

L’immunoglobuline la plus souvent associée à l’allergie est l’immunoglobuline E, notée IgE. Lorsque l’antigène pénètre pour la première fois dans le corps, celui-ci fabrique une IgE spécifique pour cet antigène (comme une clé pour une serrure). L’IgE se fixe ensuite sur une cellule spécifique du système immunitaire, appelée mastocyte. Ces mastocytes se trouvent dans le tissu conjonctif et dans les muqueuses du nez, du tractus gastro-intestinal et des poumons.

Lorsque le complexe mastocyte-IgE rencontre à nouveau le même antigène, l’IgE se lie à l’antigène sur la surface du mastocyte; la conséquence de cette fixation est la libération des substances contenues dans le mastocyte. Ces substances chimiques sont connues globalement sous le terme de médiateurs, parce qu’elles induisent la réaction allergique typique.

Plusieurs formes d’allergies

Comme évoqué précédemment, la réaction allergique se manifeste différemment suivant le lieu de la réaction mastocyte-anticorps: dans le nez, il s’agit de rhinite allergique; sur la peau, d’une dermatite atopique; au niveau des poumons, il s’agit d’asthme; et enfin, dans le tractus gastro-intestinal on parle d’allergie alimentaire. Rappelons quand même que dans toutes ces situations, le mécanisme biochimique de base est le même.

Notons aussi qu’il y a une composante héréditaire dans l’allergie. On désigne par atopie ou terrain atopique les affections diverses ayant un caractère familial, héréditaire comme l’asthme, la rhinite, l’urticaire, l’eczéma et la dermatite. Un enfant dont un des parents a des antécédents allergiques a 30 % de risques d’être atteint d’allergie. Si ses 2 parents ont des antécédents, le risque s’élève à 60 %.

Le cas de la rhinite allergique

La rhinite allergique est provoquée par l’exposition de la muqueuse nasale à des allergènes inhalés, comme les pollens et les poussières de maison. On distingue:

  • Les rhinites saisonnières ou pollinoses dont l’apparition est liée au calendrier pollinique,
  • Les rhinites apériodiques dont les causes sont des allergènes non saisonniers et qui se manifestent toute l’année.

calendrier pollens suisse
Calendrier de la rhinoconjonctivite allergique en Suisse. Principales plantes impliquées et périodes de pollinisation. Crédits: RMS

Dans les deux cas, les manifestations cliniques sont secondaires à la congestion vasculaire de la muqueuse nasale. On observe, avec une intensité variable selon les sujets, une hypersécrétion de mucus et un gonflement de la muqueuse pouvant entraîner une obstruction des voies aériennes. L’irritation de la muqueuse provoque des éternuements fréquents. Au niveau des yeux, on observe une réaction analogue avec rougeur et larmoiement. Plus rarement, on note une toux sèche et une poussée d’asthme.

Quel traitement?

Une mesure prophylactique très efficace consiste à améliorer l’écologie des fosses nasales en les irriguant quotidiennement avec des solutés isotoniques. Ceux-ci fortifient et décongestionnent les muqueuses.

L’élimination de l’encombrement muqueux permet de restaurer une fonction nasale optimale. De surcroît, une hygiène nasale rigoureuse débarrasse le nez autant des allergènes que des germes responsables de rhumes et sinusites.

Éviction de l’allergène

Cela peut nécessiter un changement de régime, de profession ou de résidence, l’arrêt d’un médicament, ou encore la séparation d’un animal familier.

Dans le cas de la poussière de maison, il n’est pas possible d’éviter tous les allergènes. On améliorera la situation en utilisant des produits contre les acariens, en dépoussiérant fréquemment son intérieur et en ôtant les tapis et les tissus. Un environnement chaud et humide étant favorable à la reproduction des acariens, l’installation d’un appareil de conditionnement d’air constitue une mesure raisonnable.

Les traitements médicamenteux

  • Les antihistaminiques anti-H1 empêchent la libération par les mastocytes des médiateurs de l’inflammation. Attention, la plupart des antihistaminiques provoquent de la somnolence, car leur solubilité dans les graisses leur permet de traverser la barrière hématocérébrale et d’induire des effets sédatifs sur le système nerveux central. Les antihistaminiques modernes, dits de 2ème génération (terfenadine, astemizole) bloquent les récepteurs histaminiques H1 (comme tous les antihistaminiques), mais sans entrer dans le cerveau et par conséquent, sans provoquer de sédation.
  • Des vasoconstricteurs sont fréquemment associés aux antihistaminiques; ils décongestionnent la muqueuse nasale. La phénylpropanolamine, la phényléphrine ou la pseudoéphédrine, sont disponibles dans de nombreuses préparations antihistaminiques décongestionnantes. Attention: utilisés per os, ces médicaments peuvent entraîner une élévation de la tension artérielle. La surveillance médicale est de règle en cas d’hypertension.
  • Le cromoglycate de sodium (à usage topique) agit en bloquant la réaction de l’allergène avec le mastocyte et prévient aussi la libération des médiateurs de la réaction allergique.
  • Les corticostéroïdes topiques, comme par exemple le dipropionate de béclométhasone, ont une action anti-inflammatoire puissante. Les faibles doses utilisées par aérosol n’ont pas les effets secondaires de la corticothérapie par voie générale (rétention hydrique, décalcification osseuse, etc.).

La désensibilisation

Lorsqu’il n’est pas possible d’éliminer l’allergène ou que le traitement médicamenteux ne permet pas de contrôler les symptômes de l’allergie, on peut recourir à la désensibilisation ou immunothérapie. Cela consiste à exposer le patient à des doses croissantes de l’allergène incriminé.

allergie rhinite
La désensibilisation peut être une bonne solution pour se débarrasser définitivement du problème.

Les méthodes naturelles

  • La nutrithérapie: Certaines vitamines et certains oligoéléments peuvent être l’objet d’un supplément en cures et donnent souvent des résultats satisfaisants. Le manganèse est pourvu d’un puissant effet antiallergique. Le fer, le zinc et le sélénium ainsi que les vitamines A, C et E, sont intéressants à double titre: d’un côté ils renforcent notre immunité naturelle et de l’autre, ils nous protègent contre la pollution.
  • L’homéopathie: Lorsque la rhinite est saisonnière, le traitement préventif devrait démarrer environ 3 mois avant. Il consiste à prendre chaque semaine des doses uniques de Pollantinum, Allium cepa, Euphrasia et Poumon-Histamine, en dilution 9 CH. En phase aiguë, quel que soit l’allergène, Allium cepa, Naphtalinum ou Kali iodatum 5 CH soulagent l’écoulement nasal, tandis qu’Euphrasia 5 CH calme l’irritation oculaire. La posologie est de 3 granules plusieurs fois par jour.
  • L’organothérapie: Des ampoules ou des suppositoires de Muqueuse nasale 7 CH et de Cortico-surrénale 7 CH (3 fois par semaine en alternance, des mois durant) constituent une mesure d’appoint très valable.
Rita Ducret-Costa
Rédactrice en chef de vitamag®, pharmacienne diplômée de l’Université de Bologne, nutritionniste et homéopathe.

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