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Dans la jungle des régimes amaigrissants

Tout le monde désire être mince, personne ne souhaite être mince et malade ! Et pourtant il y a encore une foule de gens prêts à tout pour mincir dans les plus brefs délais et prêts surtout … à croire aux miracles.

Le régime par les « aliments à calories négatives »

Ces aliments n’existent tout simplement pas. Tout aliment et toute boisson, à l’exception de l’eau, fournissent des calories. Il est vrai que certains aliments (entre autres : l’endive, le concombre, le céleri et le melon d’eau) ont une teneur calorique extrêmement faible. Par conséquent, lorsqu’on en consomme de grandes quantités, on parvient à un sentiment de satiété avec un nombre très bas de calories. Il est vrai aussi que certains petits en-cas (des crudités, un oeuf dur, un yogourt light, etc.) apportent pratiquement le même nombre de calories que celui que nos organes digestifs brûlent pour les métaboliser. D’où l’intérêt de multiplier les repas ou, plus précisément, de fractionner le nombre total des calories journalières en un plus grand nombre de repas. Au delà de ces considérations, la combustion de chaque aliment libère des calories plus que … positives. Il n’y a qu’une substance véritablement « amaigrissante » : la nicotine. Chaque cigarette brûle environ 25 calories. C’est la raison pour laquelle le grand fumeur qui renonce soudainement au tabac, sans rien changer à ses habitudes alimentaires et à son mode de vie, finit inévitablement par grossir. Mais vaut-il la peine d’entretenir son poids au détriment de sa santé ?

Les régimes draconiens

Tout aussi illusoires et dangereux de surcroît, sont les régimes draconiens, fortement hypocaloriques et carencés. Ils ont un point commun : ils marchent tous, sans exception, mais ils donnent un résultat de courte durée. Nous suivons un régime de ce genre et nous maigrissons. Nous revenons ensuite à une alimentation normale et nous reprenons tôt ou tard les kilos perdus. Et nous voilà transformé (e) en homme ou femme-accordéon : nous maigrissons, nous grossissons, nous remaigrissons, nous regrossissons et nous constatons d’abord avec étonnement, et ensuite avec désespoir que chaque fois le régime est plus dur à suivre que le précédent, et chaque fois moins efficace. Il est prouvé que les régimes « chroniques » baissent le métabolisme de 10 à 15 %. De plus, l’effet « yo-yo » (c’est-à-dire la reprise d’un poids égal ou supérieur à celui de départ) entraîne des effets secondaires tels que la fatigue, la déprime, la fonte musculaire, le relâchement des tissus, le flétrissement de la peau, la décalcification osseuse, etc. On ne joue jamais impunément avec son corps!

Pour bien comprendre la raison de l’inefficacité à long terme des régimes stricts, il faut savoir que chaque kilo de graisse correspond à environ 7’000 calories. Chaque kilo excédentaire nous indique que nous avons ingéré 7’000 calories de trop par rapport à nos dépenses énergétiques. Pour brûler ces calories, il faut compter au minimum une semaine, en supprimant de notre alimentation 1’000 calories par jour, donc en nous soumettant à un régime déjà assez dur (7 x 1’000 = 7’000 calories). On comprend aisément qu’un régime qui nous fait perdre 3-4 kilos en une semaine ne peut nous faire brûler 3-4 kilos de graisse – tout simplement car cela est physiologiquement impossible! Ce que nous perdons, c’est essentiellement du muscle et de l’eau.

Les régimes hyperprotéiniques

Tout aussi dangereux sont les régimes hyperprotéiniques, qui autorisent les protéines à volonté tout en interdisant les glucides. Non seulement ils font grimper l’uricémie (le taux hémathique d’acide urique), mais aussi ils sont néfastes pour les os, puisque l’excès de phosphore augmente l’élimination rénale du calcium. De surcroît, ils surchargent les reins et peuvent même, à la longue provoquer des troubles rénaux. Il y a une vingtaine d’années, lorsque le régime Atkins a connu son heure de gloire, des décès par blocage rénal ont été signalés aux Etats-Unis. En effet, la combustion des protéines libère des substances toxiques, l’ammoniaque et l’urée. Lors de régime hyperprotéinique, les reins doivent travailler davantage pour diluer et éliminer ces poisons potentiels. On urine beaucoup plus, ce qui donne encore une fois l’illusion d’un amaigrissement spectaculaire…

Les régimes sans glucides

Un autre piège à éviter, ce sont les régimes sans glucides complexes (pain, pâtes, pommes de terre, céréales, légumes secs). Au même titre que les protéines et les graisses, les hydrates de carbone sont absolument indispensables à notre corps. Il s’agit en effet de la principale source d’énergie de nos muscles, mais aussi de notre cerveau et de notre système nerveux. Par ailleurs, les aliments protéiniques contiennent un acide aminé, le tryptophane, que notre corps transforme en sérotonine, substance stimulante et tonique. Or, il est prouvé que l’assimilation et l’utilisation du tryptophane sont diminuées lors d’apport insuffisant de glucides. Tout cela explique la fatigue, la lassitude, la nervosité, voire la déprime, ressenties par les personnes qui se privent de ces précieux nutriments. De plus, à défaut d’hydrates de carbone, le corps brûle alors ses graisses, mais aussi les protéines de ses tissus : muscles, peau, cheveux, ongles. Enfin, il est connu qu’à force de se priver de pain, pâtes, pommes de terre, céréales et légumineuses, on se retrouve en manque de sucre avec… d’irrésistibles fringales de douceurs.

Les régimes dissociés

Plus récents, les régimes « dissociés » préconisent la dissociation des protéines et des féculents. Il s’agit sans doute de régimes équilibrés, dans la mesure où ils n’interdisent aucun aliment indispensable. Les associations alimentaires qu’ils proposent sont très digestes et conviennent parfaitement aux personnes souffrant de troubles tels qu’estomac sensible, aérophagie, somnolence postprandiale, etc. De plus, pour des raisons qui n’ont pas encore été complètement élucidées, ils donnent en général satisfaction dans les cas les plus difficiles, où le métabolisme a été massacré par des erreurs à répétition et l’effet « yo-yo ». Néanmoins, à long terme, les régimes dissociés stricts sont difficilement compatibles avec une vie normale, tellement leurs interdits sont nombreux.

Les cures de raisins, jus de sureau, petit-lait, etc.,

Les cures de raisins, jus de sureau, petit-lait, etc., sont à considérer plutôt comme des cures détoxiquantes et dépuratives – au même titre que le jeûne et la diète liquide – que comme des régimes amaigrissants. Excellentes pour gommer quelques rondeurs, notamment après une période d’excès et d’écarts, elles ne devraient toutefois pas être poursuivies au-delà de 3 à 4 jours. Cela est valable surtout après 40 ans, lorsqu’un apport protéinique quotidien et suffisant est absolument indispensable pour assurer le maintien des tissus (dont les cellules se renouvellent sans cesse) et prévenir ainsi un vieillissement prématuré.

Les règles de base

Réussir son régime minceur, c’est (re)trouver et stabiliser son poids de forme, tout en gardant son tonus et son moral. Pour atteindre cet objectif, quelques règles doivent être impérativement respectées:

  • Privilégier les légumes, bourrés de vitamines et minéraux, et les aliments protéiniques maigres, qui « calent » tout en fournissant peu de calories;
  • Préférer aux produits raffinés les complets (pains, pâtes, riz, etc.) qui rassasient plus longtemps et contiennent davantage de principes nutritifs;
  • Limiter mais ne pas supprimer les graisses visibles, indispensables pour l’assimilation des vitamines liposolubles;
  • Réduire fortement les douceurs et les boissons alcoolisées, sources de calories vides, mais ne pas oublier la notion de plaisir, sans lequel tout régime est voué à l’échec!
  • Intégrer, si besoin est, les repas de substitution. Equilibrés et nourrissants, faciles à préparer et pourvus en général d’un goût fort agréable, ils représentent une aide valable, notamment pour les personnes obligées à prendre le dîner à l’extérieur.

Si vous souhaitez démarrer un régime amaigrissant, demandez conseil à un professionnel de la santé (pharmacien ou droguiste). Il saura vous proposer le supplément le plus adapté à votre cas. Prévenir les carences, stimuler le métabolisme, diminuer la sensation de faim… A chaque problème, une solution.

Rita Ducret-Costa
Rédactrice en chef de vitamag®, pharmacienne diplômée de l’Université de Bologne, nutritionniste et homéopathe.

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