Article n° 4660 | Edition n° 94 | 2017

Végétarisme: pourquoi les oméga-3 végétaux ne suffisent-ils pas?

Seuls l’EPA et le DHA, les acides polyinsaturés à longue chaîne présents dans les poissons, possèdent les propriétés attribuées aux oméga-3.

Le végétarisme et même le véganisme, qui préconise la suppression totale des produits d’origine animale, ont la cote. Néanmoins, les adeptes de ces pratiques alimentaires doivent être en possession de solides connaissances nutritionnelles pour échapper aux carences.

 

Les oméga-3: trop de vertus pour s’en priver

Il a été clairement établi que les oméga-3:
• abaissent la pression artérielle et les graisses hématiques, fluidifient le sang,
• exercent une action anti-inflammatoire sur les articulations et les voies respiratoires,
• combattent les allergies,
• améliorent l’humeur et les facultés cognitives,
• etc.

Relevons toutefois que cette longue liste de bienfaits ne concerne que l’EPA et le DHA, présents en grande quantité dans la chair des poissons gras ou mi-gras (maquereau, sardine, hareng, anguille, thon, saumon, etc.).

 

Une synthèse insuffisante

L’EPA et le DHA ne sont pas essentiels*, car, théoriquement, notre corps peut les fabriquer à partir de l’acide alpha-linolénique. On retrouve ce dernier dans les huiles de lin, colza, soja, ainsi que, plus récentes dans nos assiettes, dans les graines de chia.
Une telle synthèse nécessite toutefois une longue et complexe série de réactions que plusieurs facteurs contrecarrent: le vieillissement, l’excès de mauvaises graisses, de sucre et/ou d’alcool, la carence en magnésium et/ou en zinc, les infections virales, le diabète, la déficience hépatique, les traitements par corticoïdes.

Conclusion: seule une quantité négligeable d’EPA et de DHA est fabriquée par l’organisme. En outre, seule une consommation de 2 à 3 portions hebdomadaires de poisson gras ou mi-gras permet un apport correct de ces précieuses substances. L’alternative judicieuse qui met à l’abri de la carence? La prise d’huile de poisson en capsules.

*On définit essentiel un micronutriment qui doit être impérativement fourni par l’alimentation, le corps n’étant pas en mesure de le synthétiser.


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Isabelle Hulmann Rita Ducret-Costa

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