Article n° 4662 | Edition n° 94 | 2017

Quand l’heure du coucher n’est plus un plaisir

De fréquentes insomnies induisent un cercle vicieux qu’il vaut mieux briser rapidement.

Les troubles du sommeil sont sources de plaintes pour près d’un quart des Suisses. Notre rythme de vie effréné n’y est certainement pas étranger. En effet, depuis une cinquantaine d’années, nous dormons en moyenne une heure de moins par nuit.

 

Les écrans des appareils électroniques sont particulièrement néfastes au sommeil. Ils émettent une lumière bleue qui retarde l’endormissement. En emportant tablettes et smartphones dans son lit, la nuit sera à coup sûr amputée de précieuses minutes de repos!
Beaucoup de personnes actives sont confrontés à «l’insomnie du dimanche soir». Soucis au travail, conflits entre collègues, exposés ou examens sont autant de sources de nervosité, qui s’accentuent en fin de week-end.
Pour essayer d’y remédier, le temps libre doit être utilisé un maximum pour se faire plaisir (sortie, sport, shopping, etc.).
Si les mauvaises nuits deviennent trop fréquentes ou rapprochées, un cercle vicieux s’installe. Comme l’explique le docteur Raphaël Heinzer, spécialiste du sommeil au CHUV, «il y a de plus en plus de pression pour être performant durant la journée. Cela pousse les gens à vouloir dormir de manière optimale. Plus on essaie de dormir volontairement, moins on y arrive! Cela crée une angoisse, les gens finissent par avoir peur d’aller au lit… de peur de ne pas dormir».*

 

Agir face au problème

Les problèmes commencent lorsque ces insomnies ont des répercussions durant la journée. Dans ce cas, un soutien médicamenteux ponctuel peut être envisagé. Le choix de la molécule est important. Cette dernière doit à la fois faciliter l’endormissement et prolonger la durée du sommeil, tout en permettant un réveil aisé. La diphénidramine, disponible sans ordonnance en comprimés et gouttes, remplit ces critères. Son effet hypnotique se manifeste entre 15 et 30 minutes après la prise.

Après deux semaines, il est bon de se demander si le traitement est toujours justifié. Si les nuits difficiles persistent, la cause doit être recherchée. Le centre du sommeil CENAS propose sur son site (www.cenas.ch) de nombreux conseils et tests qui permettront de s’autoévaluer et d’améliorer son environnement.
S’il devient impossible d’y faire face, le soutien d’un médecin est recommandé. Les insomnies peuvent également être induites par certaines maladies comme, par exemple, l’apnée du sommeil, le syndrome des jambes sans repos, une dépression ou des troubles endocriniens.

 

*Source: RTS 2012, Temps Présent, Dr Raphaël Heinzer, CHUV Lausanne


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Isabelle Hulmann Didier Bettens

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