Article n° 4983 | Edition n° 98 | 2019

Michel Broillet, il a éveillé notre fierté d’être Suisse!

En 1975, la mission Apollo- Soyouz démontrait que les protagonistes de la guerre froide pouvaient coopérer dans le domaine spatial. Dans le monde de l’haltérophilie, où les anabolisants étaient autorisés jusqu’en 1974, les pays de l’Est dominaient la scène mondiale. Et voilà qu’un petit Suisse musclé vient troubler cette hiérarchie mondiale. Entretien avec Michel Broillet, un grand champion, mais aussi un homme très attachant.

Michel Broillet, vous êtes né en 1944 en Gruyère. Pourquoi et comment êtes-vous arrivé à Genève, ville à proximité de laquelle vous résidez toujours?

Pour des raisons professionnelles. J’avais effectué un apprentissage de boulanger-pâtissier. A l’époque, beaucoup de Fribourgeois émigraient à Genève.

Vous avez commencé par le culturisme au Club Hygiénique de Châtelaine (GE) et vous avez même été élu Monsieur Suisse en 1982. Mais comment et pourquoi avoir choisi ensuite cette discipline exigeante qu’est l’haltérophilie?

J’étais un garçon fluet. Mon beaufrère m’a recommandé de faire de la musculation dans un club. Voyant que j’avais certaines aptitudes et de la passion, on m’a demandé de donner un coup de main pour un concours. Le hasard m’a ainsi ouvert les portes de l’haltérophilie.

Le hasard a vraiment bien fait les choses. Vous voilà donc haltérophile et ce n’est pas évident d’être seul face à une barre de 170 kilos! Quelles étaient vos principales aptitudes?

Ayant débuté tard, je devais avoir certaines prédispositions. La force n’est pas primordiale mais l’explosivité. Le travail et le mental sont évidemment aussi très importants.

Vice-champion du monde en 1975, champion du monde en 1977, deux médailles de bronze aux championnats d’Europe, multiple champion de Suisse, record du monde, 3 sélections pour les Jeux Olympiques. Quel est le meilleur souvenir de votre magnifique palmarès?

Mon meilleur souvenir est sans aucun doute le titre de champion du monde en 1977. Mon activité professionnelle était prioritaire, car on ne gagnait rien à l’époque. La passion et les émotions étaient donc notre principale récompense.

Je constate que vous êtes en pleine forme et épanoui dans votre rôle de grand papa. Pratiquez-vous toujours une activité physique? Comment vous portez-vous, Michel Broillet?

Je suis en bonne forme et je vis très bien ma retraite avec mon épouse, ma famille et mes petits-enfants. Je pratique avec plaisir le vélo et suis attentif à ma santé tout en sachant apprécier les plaisirs de la vie.

 

Propos recueillis par Serge C. Ducret

 

Plus d’infos sur Michel Broillet:

Radio Télévision Suisse – Caméra sport
 

 


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Isabelle Hulmann Serge C. Ducret

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