Article n° 1422 | Edition n° 12 | 1997

L?herpès, une fatalité?

Plus connu sous les termes de «boutons de fièvre» ou «bouchères» en Suisse romande, l’herpès labial est une affection très répandue et contagieuse, aussi désagréable qu’inesthétique, provoquée par le virus herpès simple (HSV). Celui-ci fait partie d’une grande famille: on a recensé jusqu'à présent 42 virus de l’herpès parmi lesquels on compte celui de la varicelle.

A défaut de supprimer l’herpès, nous pouvons l’empêcher de se manifester

Il existe deux virus herpès simples: le type 1 (HVS1) et le type 2 (HVS2). Le premier affecte les lèvres et l’intérieur de la bouche, le second les organes génitaux et, plus rarement, l’œil (la cornée).

L’herpès labial touche la moitié des enfants entre l’âge de 6 mois et 4 ans et 90 % des adultes. Une fois introduit dans l’organisme, le virus s’installe à vie dans les ganglions lymphatiques. Chez un tiers de personnes environ, l’affection se déclare de façon répétitive, à intervalles irréguliers ou à un rythme personnel qui a néanmoins tendance à se calmer spontanément avec les années. Chez les autres, le HVS1, pourtant bien présent, demeure muet et semble être tenu en respect par les défenses immunitaires de son hôte.

La crise débute par une sensation d’irritation, de picotement et de brûlure, suivie, très rapidement, par l’apparition de vésicules remplies d’un liquide trouble. En quelques heures, voire quelques jours, celles-ci s’ouvrent pour laisser place à des ulcérations et ensuite à des croûtes. La durée de ce processus varie entre 5 et 15 jours. Parmi les facteurs susceptibles de déclencher les crises, figurent l’exposition au soleil, les maladies infectieuses, la fatigue, le stress et l’approche des règles. A son tour, l’herpès affaiblit le système immunitaire pouvant favoriser l’apparition d’autres maladies.

Pas de vaccin, pas d’agent antiviral capable de déloger cet hôte indésirable de notre organisme... Sommes-nous donc impuissants vis-à-vis de l’herpès? Heureusement, non.

Les mesures nutritionnelles

D’un point de vue nutritionnel, la lutte contre le virus de l’herpès repose sur l’augmentation de la lysine et la diminution de l’arginine. La première est un acide aminé essentiel, qui doit être impérativement tiré de la nourriture, puisque notre corps est incapable de le synthétiser. Ses meilleures sources sont le poisson, le poulet, le bœuf, le lait, le mouton, le porc, les haricots, la levure et le soja. L’arginine, quant à elle, est un acide aminé non essentiel, présent - par ordre décroissant - dans la noisette, la cacahuète, la noix, l’amande, le chocolat, les graines de sésame, la noix de coco, la pistache, le riz brun et le pain complet.

Les expériences de laboratoire montrent que le virus de l’herpès se développe bien dans un tube contenant de l’arginine et qu’au contraire sa croissance est inhibée en présence de lysine. Les médecins orthomoléculaires (nutrithérapeutes) américains conseillent aux herpétiques la lysine en supplément500 mg par jour à titre préventif , 1,5 à 3g lors de crise. Pendant celle-ci, la vitamine C, à raison de 2 g par jour, accélère le processus de guérison en stimulant de façon puissante le système immunitaire.

Le rôle de l’homéopathie

L’homéopathie peut aussi s’avérer fort utile, autant à titre préventif que curatif. Aux premiers symptômes, on aura recours à une dose d’Apis 9 CH et, une heure après, à 3 granules de Rhus toxicodendron 5 CH, qu’on renouvellera toutes les deux heures.

Des doses de Vaccinotoxinum en 5-7-9-12 et 30 CH, à deux semaines d’intervalle l’une de l’autre (un mois entre l’avant-dernière et la dernière) contribuent efficacement à espacer les récidives. Il est conseillé de répéter ce traitement une fois par année.

L’importance des topiques

La médecine traditionnelle dispose d’un large éventail d’agents antiviraux pour combattre les manifestations du redoutable HVS1. Les plus puissants, réservés aux formes rebelles (comme l’aciclovir et le valaciclovir en comprimés) requièrent surveillance et prescription médicales. Mais contre les cas banales, il existe de nombreuses substances délivrées sans ordonnance, sous forme d’onguents, crèmes et gels, tels que l’aciclovir lui-même, le lyzozyme, la tromantadine, le sulfate de zinc, etc. L’application pluriquotidienne d’un topique dès les premiers picotements permet, dans bon nombre de cas, d’enrayer l’action du virus et, dans la pire des hypothèses, d’accéler le processus de guérison.

Certains antiviraux topiques comme le lyzozyme, en stick, peuvent également être utilisés à titre préventif au cours d’une maladie infectieuse ou en période de stress. Le même produit, enrichi d’un facteur de protection 12, est indiqué aux sujets prédisposés lors d’exposition au soleil.

Les règles d’hygiène

Pendant la phase de cicatrisation, une hygiène faciale rigoureuse s’impose. Il est impératif de ne pas toucher la plaie avec les doigts afin d’éviter une surinfection bactérienne. L’herpès est très contagieux pendant que les lésions sont visibles est c’est lorsque les vésicules éclatent que le risque de contamination est le plus élevé. On s’abstiendra donc d’embrasser ses proches et de partager son verre avec eux.

Comme nous l’avons vu, nous disposons d’armes efficaces qui, à défaut de supprimer l’herpès, peuvent l’empêcher de se manifester. Sachons en profiter pour éviter que ce redoutable virus nous empoisonne l’existence !


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Isabelle Hulmann Rita Ducret-Costa

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