Article n° 4663 | Edition n° 94 | 2017

Le PRP dans le traitement de la calvitie: une efficacité de plus en plus démontrée

Le principe du PRP est d’amener au cuir chevelu des facteurs de croissance, qui vont jouer un rôle dans le développement de la vascularisation et la croissance tissulaire.

Le PRP, plasma riche en plaquettes, est une technique de plus en plus employée dans différentes spécialités chirurgicales, par exemple en esthétique, pour améliorer l’aspect cutané et exercer une action anti-inflammatoire sur la peau.

 

Cette technique consiste, à partir d’une simple prise de sang, à récupérer la fraction du plasma la plus riche en facteurs de croissance après centrifugation. C’est une technique autologue, c’est-à-dire provenant du patient pour lui-même, sans aucun apport de substance étrangère ou synthétique. Le but est d’obtenir un plasma enrichi en facteurs de croissance, qui ensuite va favoriser, selon la zone d’injection (peau ou cuir chevelu), la régénération cellulaire, avec une action positive sur la cicatrisation, ou la croissance capillaire.

 

L’alopécie androgénétique, un problème fort répandu

La perte des cheveux est un problème fréquent, notamment dans le cadre de l’alopécie androgénétique (NDLR: chute des cheveux d’origine héréditaire, influencée par les hormones mâles). La prévalence
est de pratiquement 70% chez l’homme et 40% chez la femme avec des cheveux plus fins et diffus. Le traitement actuel est à la fois médical et chirurgical avec l’application de minoxidil ou la prise de finastéride chez l’homme et l’autogreffe de bulbe pileux. Ces traitements sont plus ou moins contraignants avec des effets secondaires possibles.

L’utilité du PRP s’est donc logiquement développée avec de plus en plus d’injections réalisées. L’efficacité paraît meilleure au début de la calvitie.
Le principe est d’amener au niveau du cuir chevelu des facteurs de croissance (PDGF, TGF, VEGF), qui vont jouer un rôle dans le développement de la vascularisation et la croissance tissulaire. Les études scientifiques* montrent in vitro une initiation et une prolongation de la phase anagène du cheveu (phase de croissance du cheveu), ainsi qu’une action contre l’apoptose (mort programmée) des cellules capillaires.

Le traitement consiste tout d’abord en la réalisation d’une prise de sang veineux (10 ml), puis en la centrifugation du contenu des tubes prélevés. Le plasma enrichi en plaquettes est ensuite injecté au niveau du scalp après désinfection et éventuellement application d’une crème anesthésiante. Ensuite, les soins résident à garder le cuir chevelu propre, les shampoings peuvent être repris le lendemain. Les injections doivent être réalisées à un mois d’intervalle à trois reprises.
Les résultats commencent à être visibles à trois mois, mais principalement à six mois après la fin des injections. La densité et la qualité du cheveu sont améliorées.

Les injections sont faites suite à une consultation, qui permet d’écarter les contre-indications (maladies chroniques évolutives, infections, prises médicamenteuses, etc.), d’expliquer la procédure, les éventuels effets secondaires (douleur, inflammation, etc.) et d’établir un devis.

 

* Ferneini EM, Beauvais D, Castiglione C, Ferneini MV, Platelet-rich plasma in androgenic alopecia: Indications, technique, and potential benefits, Journal of Oral and Maxillofacial Surgery (2016), doi: 10.1016/j. joms.2016.10.040.

 

Dr Bertrand Mercadier, FMH chirurgie plastique reconstructive et esthétique


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Isabelle Hulmann Dr. Bertrand Mercadier

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