Article n° 4668 | Edition n° 94 | 2017

L’animal au service de la médecine

De l’Antiquité à l’époque moderne, l’expérimentation animale reste indissociable de la recherche scientifique. Toutefois, ce procédé a toujours suscité la controverse.

 

Claude Galien (129-216 après J.-C.) est l’un des premiers à avoir utilisé des animaux à des fins scientifiques. Il préconise l’usage du porc plutôt que du singe, ce dernier manifestant une expression faciale déplaisante lors des expérimentations… Renvoyant probablement trop à la souffrance humaine!
Lors de la Renaissance, les scientifiques ont souvent recours à ces pratiques, notamment pour situer les organes. Il règne alors un certain tabou quant à la dissection de cadavres humains.

 

A-t-on le droit de faire des expériences sur les animaux?

Au XVIIe siècle, la morale cartésienne suppose que la souffrance n’est pas possible chez l’animal, qui est alors considéré comme un objet.
Les bases des vivisections zoologiques, avec anesthésiants, sont posées par Claude Bernard.
Le médecin écrit, en 1865, «a-t-on le droit de faire des expériences […] sur les animaux?
Quant à moi, je pense qu’on a ce droit d’une manière entière et absolue.
Il serait bien étrange, en effet, qu’on reconnût que l’homme a le droit de se servir des animaux pour tous les usages de la vie, pour ses services domestiques, pour son alimentation, et qu’on lui défendît de s’en servir pour s’instruire dans une des sciences les plus utiles à l’humanité…»
Tout le monde n’est pas de son avis. Rebuté par ses expériences, sa femme et ses deux filles consacrèrent une partie de son héritage à la création d’un refuge pour chiens!
Le naturaliste Jean-Henri Fabre aborde le sujet dans son livre «Souvenirs entomologiques» paru en 1882: «Vous éventrez la bête et moi je l'étudie vivante; […] vous travaillez dans un atelier de torture […], j'observe sous le ciel bleu […] ; vous scrutez la mort, je scrute la vie».

 

L’ère moderne et la protection animale

Ces dernières décennies, où la sensibilité animale n’est plus à prouver, le nombre d’animaux de laboratoire a chuté drastiquement. La science dispose désormais d’alternatives, telles que la culture de cellules ou de tissus in vitro.
La Suisse s’est dotée d’une sévère législation en la matière. Chaque laboratoire doit nommer un délégué à la protection animale et applique la règle des 3R: Replace (remplacer, si possible, par des méthodes de substitution», Reduce (réduire le nombre d’animaux utilisés) et Refine (créer les meilleures conditions au bien-être animal).


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Isabelle Hulmann Didier Bettens

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